Le marché immobilier fragile en Limousin, comme au niveau national
Après trois années consécutives de recul, le marché immobilier français semble amorcer une phase de stabilisation, avec des signes prometteurs pour 2025 comme la baisse des taux d'intérêt. Qu’en est-il en Limousin ? Quelles sont les perspectives pour l’année qui vient de débuter ?
Taux d’intérêts, achat, vente, location, construction : se dirige-t-on vers une embellie ?
Pour en parler, Annaïck Demars reçoit :
- Candy Réjasse, PDG des Maisons JB et présidente de l’observatoire de l’immobilier en Haute-Vienne
- David Vergne, agent immobilier à Limoges et pdt de la FNAIM (Fédération nationale de l’immobilier) pour la Haute-Vienne et la Corrèze
- Caroline Leybros, courtière en financement (Finance-conseil)
Des taux d'intérêt en baisse
Auparavant réservé aux appartements neufs dans les zones tendues, le Prêt à Taux Zéro est élargi à l’ensemble des logements neufs en France dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025. Pour Caroline Leybros : "Être propriétaire sur notre région, c'est tout à fait envisageable, il faut anticiper. Par exemple, on va avoir les barèmes du prêt à taux zéro au 1ᵉʳ avril, donc on va sûrement revoir des clients qui hésitaient. (...) et puis les taux baissent. Alors attention, on ne reviendra pas à des taux qui étaient totalement exceptionnels entre 2016 et 2019, mais on revient à des niveaux normaux. On approche des 3% pour un prêt à 25 ans taux nominal fixe, on commence même à passer en dessous en ce début d'année, mais il ne faut pas s'attendre à ce qu'on arrive à 2% dans deux mois, c'est faux. En revanche, la tendance est bien à la baisse."
Le retour des primo-accédants
David Vergne sur les primo-accédants (ceux qui achètent pour la première fois) : "Ce sont eux qui ont le plus été touchés par les conditions d'octroi des crédits parce que c'est compliqué d'avoir un apport personnel quand on est un jeune couple et il était exigé par quasiment tous les établissements bancaires, donc on les a moins vus ces deux dernières années et on les voit revenir un petit peu, mais il faut être prudent, les accompagner. C'est pour ça qu'on peut être un peu plus confiant sur cette année".
Un manque de logements
Candy Réjasse, PDG des Maisons JB : "La quantité de logements produite dans notre région n'est pas suffisante, elle ne l'est pas en France non plus. En 2024, on a produit 48 500 maisons au niveau national, ça correspond à ce qu'on produisait en 1956 : c'est important de le dire, car même si ça repart, le temps de rattraper tout ce retard, il reste au moins dix-huit mois de danger pour l'emploi et pour le logement."
Un fossé se creuse dans les locations
L'écart se creuse et c'est dangereux, parce que le mal-logement continue de se développer.
Candy RéjassePrésidente de l'observatoire de l'immobilier 87
Pour Candy Réjasse, présidente de l’observatoire de l’immobilier en Haute-Vienne, la situation reste délicate notamment à cause du DPE (Diagnostic de Performance Energétique) : depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, un logement doit avoir au moins la classe F du DPE pour être loué : "Ceux qui ont les moyens d’avoir accès à une maison ou un appartement classé A, B, C ou D, eux vont se retrouver logés et d'ailleurs les prix augmentent pour ces biens-là : les loyers sont de plus en plus chers, c'est un phénomène de rareté tout à fait naturel. Au contraire, tous les logements qui sont déclassés ne se louent pas, se louent mal ou se louent à des personnes qui n'ont pas les moyens de faire autrement, donc l'écart se creuse et c'est dangereux parce que le mal-logement continue de se développer".
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